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Au terme d’un programme libre de toute beauté, le couple Pernelle Carron et Matthieu Jost a offert à la France sa première médaille de bronze. Au vu de leur prestation d’ensemble, ils pouvaient même espérer mieux.
S’il ne devait rester qu’une image, ce serait celle là : les huit mille spectateurs de la Palavela de Turin, debout, ovationnant Pernelle Carron et Matthieu Jost à l’issue de leur programme libre. « Emportés par la foule» chantait Edith Piaf…Ce soir, c’est elle, la môme de Paname qui a rythmé la danse du couple français, uni dans un hymne à l'amour, jusqu’au dernier souffle. Quelques heures avant de rentrer sur la glace, ils avaient annoncé la couleur : troisièmes à l’issue de l’imposé et de l’original, ils voulaient grignoter une, voire deux places sur le podium. Alors, ils ont tout donné. Du rythme. Des portés aériens. Et surtout une âme. Oui mais voilà. Récompensés par une note technique digne du top cinq mondial (47.5), le couple lyonnais a été victime de la note d’interprétation. Cette « note de cœur » selon la formule consacrée, ne fût pas suffisamment élevée pour dépasser le couple russe Platonova-Maximishin, dont le programme parut pourtant bien fade en comparaison. Les Bleus échouaient donc à la troisième place à un tout petit point derrière les russes (160.54 contre 161.52). Les Italiens eux n’ont pas craqué. Le triomphe programmé du tout jeune couple transalpin Anna Cappellini (20 ans) et Luca Lanotte (21 ans) a bien eu lieu, avec le soutien d’une foule en liesse. Auteur d’une remarquable prestation sur le libre - 165.24 au total malgré un déficit de 2.5 points par rapport à la note technique des français -, la paire italienne a parfaitement surmonté la pression et conservé un leadership acquis dès le premier jour. « C’est sans doute là que l’on a perdu la compétition » analysait l’expérimenté Matthieu Jost. «On a pris trop de retard dès le programme imposé et nos deux deuxièmes places sur l’original et le libre n’ont pas été suffisantes pour revenir. Le libre de ce soir a vraiment été extraordinaire, c’est le meilleur que l’on ait fait en compétition. Artistiquement, techniquement, c’était parfait. Le public a participé, il était dedans. On y croyait fort, surtout par rapport aux Russes. Du coup, même si on est satisfait de cette médaille, on a beaucoup d’amertume vis à vis des juges». Dès demain, la paire française s’envole pour les Championnats d’Europe, à Varsovie. Avec, pour excédent de bagage, deux médailles de bronze et pas mal de promesses. De quoi voir la vie en rose.
Un couple d'avenir Ensemble depuis seulement un an et demi, le couple Carron-Jost n'en finit plus de gravir les échelons. Pourtant, cinq années et pas mal d'expérience les séparent. Agé de 26 ans, Matthieu a déjà une longue carrière derrière lui avec plusieurs participations aux Championnats d'Europe et du monde. Leur duo s'est formée après l'arrêt de carrière subite de l'ex-partenaire de Matthieu, Roxanne Petetin. A 21 ans, Pernelle a donc du plonger sans transition du monde des juniors à celui des séniors." Ma chance en rencontrant Matthieu a été de franchir très vite ce cap " avoue Pernelle. " Je me suis battu pour y arriver et il a tout fait pour m’aider. Je pense qu'on se complète bien même si on a deux forts caractères. En compétition, on se parle beaucoup avant, pendant et après. Lui est un peu macho mais je sais me faire entendre (rires).". "C’est sur qu’on a progressé très vite" poursuit Matthieu."L’année dernière pour l’une de nos nos premières sorties ensemble on a gagné le Masters France. Depuis on enchaîne les bonnes perfs : 5e à la Coupe de Chine, 8e au Trophée Bompard. Le positif, c’est que cette progression est linéaire. Si on continue comme ça, je pense que l’on peut rentrer dans le top 10 mondial et le Top 5 européen". Sûr de lui, le couple lyonnais ne semble pas se fixer de limites. Matthieu vient d'obtenir son diplôme d'ingénieur à l'INSA de Lyon et s'apprête à rentrer dans la vie active. Il cherche actuellement un emploi "à mi temps" qui lui permette de continuer à s'entraîner normalement. Pernelle est toujours étudiante en licence d'Histoire de l'Art à l'Université Lous Lumière de Lyon 2. Ce soir, malgré une grosse pointe de déception, ils savourent leur performance."Même si on a "les boules" par rapport aux juges, on est super content de notre programme et de la réaction du public. Ce libre nous correspond bien, il nous colle à la peau" constate Pernelle. "Demain, on part aux Europe. Cette prestation va nous servir de référence. Les juges présents ici se souviendront de quoi nous sommes capables". En attendant, Pernelle poursuit toujours son rêve "Quand j'avais six ans, je rêvais d'être championne olympique. Je crois toujours que ce rêve est réalisable".
DB























Les résultats français
La situation devient de plus en plus dramatique pour le Comité d'Organisation de cette 23e Universiade d'hiver. Hier, pour la première fois, la seconde manche du slalom géant féminin a du être annulée, en raison de la mauvaise qualité de la piste. A Bardonecchia, la température était de 18°, à Turin elle est montée jusqu'à 25°. En attendant la neige, les décisions quant à le tenue des épreuves de ski alpin et ski de fond seront prises au jour le jour.
L'épreuve de saut à ski individuel (tremplin de 95m), a en revanche pu se dérouler normalement, après avoir été interrompue la veille à cause du vent violent soufflant sur Pragelato. Damien Maître a pris la 20e place, Jérémy Chedal la 50e.
En combiné nordique, à l'issue de l'épreuve du tremplin 95m, Florian Pinel est 10e, Michael Chapuis 12e.
Enfin en patinage artistique, la championne de France en titre Gwendoline Didier occupe la 14e place du classement à l'issue du programme court. "C'est une déception. elle n'a pas patiné à son niveau. Elle était inhabituellement tendue et le fait de chuter d'entrée n'a pas contribué à la mettre en confiance" confiait son entraîneur Patrice Paillares. Demain place au programme libre.
 Gwendoline Didier
 L'équipe de France féminine n'aura eu droit qu'à une manche du slalom géant. L'épreuve a été reporté suite aux mauvaises conditions.
 Pauline Gagnière au départ. Elle prendra la 52e place de le première manche du géant.

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