|
Samedi
15 janvier
Le triomphe de l’IUT
Annecy
Elle vient tout juste de passer la ligne, bras tendus et
déjà, une marée humaine la recouvre. Le cercle des amis, les partenaires de
l’équipe de France, le coach Pierre Garnier, les copains de la fac… Ils sont
tous là autour d’elle, pour l’embrasser, la fêter, la porter en triomphe.
« Championne du monde universitaire » lui crient-ils, comme
pour la persuader que ça y est, elle l’a fait. Morgane Fleury, la petite
« Momo » pour les intimes, vient de s’offrir un magnifique doublé.
Déjà championne du monde junior de snowboardcross en 2003, elle ajoute à son
palmarès une nouvelle médaille d’or qui laisse augurer d’un avenir radieux.
« Mon prochain objectif, c’est Turin, les JO 2006 » nous
glissera-t-elle un peu plus tard, sourire malicieux aux lèvres. Ce soir, sur la
superbe piste du Casino Arena de Seefeld, en nocturne pour l’occasion, la jeune
Clusienne, 22 ans à peine, a dominé la compétition de la tête et des épaules.
Meilleur temps des qualifications, elle a ensuite franchi chaque tour, avec une
grande aisance. Jusqu’à cette finale où, bien que troisième à la moitié du
« run », elle a su attendre le bon moment pour faire parler son sens
de l’attaque et des trajectoires parfaitement maîtrisées. Alors, malgré le froid
glacial et l’heure tardive, « Momo » a soulevé les cris d’admiration
de l’immense foule de spectateurs massée devant l’écran géant de l’aire
d’arrivée. « La finale a été le run le plus difficile. Il a fallu jouer
des coudes. Mais ça, c’est la loi du boarder… ».

A quelques mètres de là, Paul-Henri Delerue apprécie.
Quelques minutes auparavant, le champion du monde junior 2004 a, lui aussi,
connu son heure de gloire. Malgré une sévère entorse du pouce, et une chute en
finale, il a conquis une troisième place synonyme de médaille de bronze. De quoi
atténuer ses regrets d’avoir manqué d’un cheveu sa qualification pour les
championnats du monde seniors cette saison. « Je suis content d’être
venu ici. J’ai presque vécu cette compétition comme un amusement avec au bout le
résultat. J’ai découvert une autre ambiance, j’ai retrouvé plein de copains,
notamment Cyprien Brun qui était avec moi à l’IUT d’Annecy » L’IUT
d’Annecy, nos deux médaillés du soir en sont issus. Et tiennent, en chœur, à lui
rendre un hommage tout particulier. « Grâce à l’IUT, nous n’avons cours
que trois mois par an, d’avril à juillet ce qui nous permet de passer le diplôme
en trois ans au lieu de deux. Pendant cette période, on bosse les cours tout en
effectuant une préparation d’inter-saison avec nos potes fondeurs et alpins. Le
reste de l’année, on peut se consacrer à notre sport, s’entraîner, se
déplacer» Nul doute que les responsables de l’Université de Savoie
apprécieront. Le doublé de ce soir, c’est aussi un peu le leur : avec
quatre sections sports-études (GEII, GMP, MPh et TC) , l’IUT d’Annecy, qui
compte parmi les plus grands de l’hexagone, récolte les fruits de son
investissement. « Ces médailles vont leur faire super plaisir»,
conclut en souriant Paul-Henri. Derrière lui, Morgane, bouteille de champagne
dans une main, planche dans l’autre, répond aux dernières sollicitations de la
télévision. Une vague bleue, en provenance d’Annecy, vient de déferler sur
Seefeld…
DB
|