Lundi 17
janvier
Le feu et la glace
Deux ans après leur médaille de bronze à l’Universiade de
Tarvisio 2003, Nathalie Péchalat et Fabian Bourzat ont récidivé à Innsbruck. Une
petite déception tout de même pour les porte-drapeaux tricolores, qui visent
maintenant une sélection pour les Jeux Olympiques de Turin, en
2006.
Son regard en dit long. Prostrée sur son banc, visage enfoui entre les
mains, Nathalie Péchalat attend le verdict des juges. Elle n’affiche plus son
sourire radieux de la cérémonie d’ouverture, quand, juchée sur les épaules de
son partenaire Fabian Bourzat, elle enflammait l’Olympiastadion d’Innsbruck et
jouait à merveille son rôle de porte-drapeau de la délégation française. Cette
fois, la déception, vive, profonde, se lit dans les yeux de la jeune patineuse
tricolore. A ses côtés, son partenaire de danse Fabian Pechalat essaie de
comprendre. Comment ? Pour quel raison a-t-il chuté tout à l’heure, alors
que tout semblait se dérouler parfaitement dans ce programme original
? Oh, ce fût une chute infime, à peine une glissade, dont
son pantalon noir porte encore les stigmates. Mais, au décompte final, le couple
aux cheveux d’or sait que cette petite erreur lui coûtera cher. « Je ne
sais pas ce qui s’est passé » avoue Fabian « J’ai senti mon
patin se dérober comme si je glissais sur quelque chose. D’ailleurs, il y a une marque sur
la lame ». Qu’importe,
le mal est fait et le verdict tombe : deuxième à l’issue du programme
imposé, le couple français se classe troisième au terme de l’original,
anéantissant ainsi ses chances de médaille d’or.

Mine déconfite, incrédule, Benjamin Delmas, le tout jeune coach a du mal
à ravaler sa déception. « Ils ont parfaitement patiné. Sans cette faute,
je pense qu’ils auraient pris la première place ce soir. Maintenant, c’est
cuit pour la médaille d’or.
Il faut vite rebondir». Le surlendemain, les jeunes Français rendront une copie
parfaite sur le programme libre. Pas suffisant, cependant, pour conquérir la seconde place dans l’esprit des
juges. Troisième comme à Tarvisio deux ans auparavant, la paire lyonnaise fait
contre mauvaise fortune bon cœur. « Dans l’ensemble, on peut dire que nos performances ont été
bonnes » souligne Fabian. « Nous sommes venus ici avec le souci
de bien préparer les championnats d’Europe qui ont lieu la semaine prochaine.
Sur ce plan là, on a bien travaillé ». Et Nathalie de poursuivre
« C’est vrai que le
contexte n’était pas comparable avec celui d’il y a deux ans. En 2003, à
Tarvisio, il s’agissait de notre compétition la plus importante de la saison.
C’est d’ailleurs mon meilleur souvenir international pour l’instant. Cette
année, nous sommes venus car nous avons apprécié la compétition, l’organisation,
l’ambiance de l’Universiade, mais nous avions d’autres objectifs. En tout cas,
c’est toujours aussi sympa et plaisant à vivre. On reviendrait bien dans deux
ans pour chercher la médaille d’or ».

Ces deux-là semblent se compléter parfaitement. Elle, fraîche, spontanée,
expressive. Lui, calme, imposant, réfléchi. Le feu et la glace, en quelque sorte.
« On se canalise mutuellement » affirment-ils en chœur. Depuis
cinq ans qu’ils patinent ensemble, ils ont appris à gérer leur relation
« L’important, c’est d’avoir toujours les mêmes objectifs et les mêmes
motivations. Cela demande beaucoup de confiance réciproque » constate
Nathalie. Si la première année fût selon ses propres termes « super
difficile », le couple semble aujourd’hui avoir trouvé son équilibre,
son rythme de croisière. « Mais attention, rien n’est acquis, cela
s’entretient au jour le jour » prévient Fabian. Désormais leur objectif
commun a pour terminus Turin, les Jeux Olympiques 2006. Deux couples français
devraient être sélectionnés. Actuellement seconde au classement national, la
paire lyonnaise y croit dur comme fer. « Il faudra prouver qu’on le
mérite. Faire dans les dix aux championnats d’Europe et si possible dans les
quinze aux Mondiaux ». Pour autant, nos médaillés ne perdent pas de vue leurs autres échéances. Etudiante en licence à
l’UFR Staps de Lyon, Nathalie « n’envisage pas le sport sans les études.
Par rapport à cela. Je me suis organisée. C’est une question de choix et de
priorités à un moment donné. Dès qu’il y a une compétition importante, je
délaisse les cours mais en rentrant je me replonge à fond dedans ».
Idem pour Fabian en deuxième année à l’Institut Supérieur d’Ostéopathie de
Lyon – Limonest. « Moi j’ai pas mal traîné mais j’ai trouvé ma voie. Par
contre au niveau des horaires, c’est un truc de fous (sic). Heureusement, les
profs et les potes m’aident et je peux décaler mes examens. Et puis, l’école
permet de s’évader de la patinoire ». On l’aura compris, ces deux-là
savent ce qu’ils veulent. Alors rendez-vous à Turin en 2006 et …en
2007 * !
* En 2007, l’Universiade d’hiver aura également lieu à Turin, un an après
les JO
DB
Dimanche 16
janvier
Bis
repetita
Il n'y a pas eu de surprise. Au
terme du programme libre,
le couple Français Nathalie Pechalat - Fabian Bourzat s'est adjugé la troisième
place de l'épreuve de danse sur glace. C'est la deuxième médaille de bronze
pour le couple n° 2 du patinage français après celle de Tarvisio en 2003.
"On espère bien revenir la prochaine fois...pour gagner" souriaient-ils
après leur emballante exhibition.
La victoire est revenue au couple russe Kokhlova - Novitski,
devant la paire Ukrainienne Golvina - Voyko. L'autre couple français composée
d'Amandine Borsi et Fabrice Blondel termine 10ème.

Vendredi 14
janvier
L’espoir…malgré la
chute.
Son regard en dit long. Prostrée
sur le banc, dans l’attente du verdict des juges, Nathalie Pechalat n’affiche
plus son sourire radieux de la cérémonie d’ouverture. Cette fois, la déception,
vive, profonde, se lit sur le visage de la jeune patineuse lyonnaise. A ses
côtés, son partenaire de danse Fabian Pechalat tente de comprendre.
Comment ? Pour quel raison a-t-il chuté tout à l’heure, alors que tout
semblait se dérouler parfaitement dans leur programme original ? Oh, ce fût
une chute infime, à peine une glissade, dont son pantalon noir porte encore les
stigmates. Mais, au décompte final, le couple aux cheveux d’or sait que cette
petite erreur coûtera cher. « Je ne sais pas ce qui s’est passé, avoue
Fabian. J’ai senti mon patin se dérober comme si je glissais sur quelque chose.
D’ailleurs, il y a une marque sur la lame ». Morceau de glace, épingle
à cheveux ? Qu’importe, les juges seront sans pitié. Le verdict tombe.
Deuxième hier à l’issue du programme imposé, le couple français se classe
troisième aujourd’hui.

Mine déconfite, incrédule,
Benjamin Delmas, le tout jeune coach a du mal à ravaler sa déception.
« Ils ont parfaitement patiné. Sans cette faute, je pense qu’ils
auraient pris la première place ce soir. Maintenant, c’est cuit pour la médaille d’or. Il faut
vite rebondir.» Car dimanche a lieu la dernière épreuve, le programme libre.
Pour notre jeune tandem*, déjà médaillé de bronze de l’Universiade de Tarvisio
en 2003, l’objectif est clair : la médaille d’argent. Un dessein légitime
au vu de l’immense talent exprimé depuis deux jours. L’espoir donc, malgré la
chute…
*Classé numéro 2 français
DB
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