L’équipe de France féminine n’apportera donc pas
au football français sa première médaille dans une Universiade. Aujourd’hui face au
Japon, elles n’ont pas su ou pas pu élever leur niveau de jeu pour aller
conquérir le bronze. Fatiguées, usées physiquement, et mentalement les
Bleues se sont logiquement inclinées deux buts à zéro face à une équipe Japonais
plus fraîche et mieux disposée. L’addition aurait même pu être beaucoup plus
lourde si Stéphanie Mellec, une nouvelle fois décisive, n’avait détourné hors de
son but plusieurs ballons bouillants. Les Françaises terminent donc
quatrième au classement final. Durant cette Universiade, elles auront fait
preuve de beaucoup de cœur, de solidarité et de cohésion. A l’inverse, il leur
aura manqué certaines qualités affichées par les meilleures équipes, notamment
de la vitesse et de la qualité dans l’animation offensive. Néanmoins, un groupe
est né à Izmir ; rendez-vous maintenant à Bangkok, en 2007.
La terrible désillusion Les larmes ont coulé ce soir au stade Ataturk. Des
larmes de tristesse pour les footballeuses françaises déçues, effondrées,
anéanties, battues pour la première fois de cette compétition. Tandis qu’à
quelques pas de là, sur le terrain attenant, les joueuses brésiliennes
savouraient leur victoire au rythme de la samba, après avoir étrillé le Japon
(4-0) dans l’autre demi-finale, les Bleuettes se repassaient en boucle le
scénario de leur demi-finale perdue. « On peut nourrir de gros
regrets » analysait le coach Frédéric Strappazzon « On réalise
sûrement le meilleur match de notre compétition mais on prend de buts bêtes dont
le second qui nous assassine» Ce second but inscrit contre son camp par la
malheureuse Faustine Roux, survenu à la 70ème minute fût en effet de
trop pour une équipe de France qui avait déjà laissé beaucoup de force et de
courage dans la bataille pour revenir au score. Menées dès la 14ème
minute, les Bleues n’avaient alors qu’une option : attaquer et attaquer
sans cesse. Jouant très haut, exerçant un pressing de chaque instant au milieu
du terrain, les Françaises parvinrent à leurs fins sur un ballon perdu par la
défense chinoise et bien exploité par Florence Garbil, terrassant la gardienne
chinoise d’une frappe croisée des seize mètres (54ème). On se disait alors,
transcendées par ce but, elles allaient poursuivre leur effort pour tenter
de tuer le match. Ce fût l’inverse qui arriva. Les Chinoises, repartirent très
vite de l’avant, occupant la moitié de terrain française et obligeant les Tricolores
à reculer. Et le pire arriva. Sur un centre tendu venu de la droite, la
défenseuse française coupa la trajectoire du ballon au premier poteau, sentant le
danger de l’attaquante chinoise dans son dos, pour le résultat que l’on sait. Le
troisième but chinois releva plus de l’anecdote. Jetant leurs dernières forces
dans la bataille, les Bleues s’exposèrent au contre, un fois, deux fois pour
finalement encaisser un troisième dans le temps additionnel. Le France-Brésil
dont tout le monde rêvait n’aura donc pas lieu. Pour autant, les Françaises
devront très vite se remobiliser. Samedi, à 18 heures, elles affrontent le
Japon, avec en jeu la médaille de bronze.
Après leur qualification héroïque face au Japon acquise lors du dernier
match de poule, les Bleues semblent s’être forgé un mental à toute épreuve.
Elles l’ont encore prouvé ce soir en dominant la Finlande (1-0), première de son
groupe, se qualifiant ainsi pour les demi-finales. Les Bleues ont ouvert le
score rapidement par Corinne Petit (17e). La suite fût plus
laborieuse. Face à une équipe finlandaise peu inspirée, les jeunes tricolores
n’ont pas su tuer le match, n’exploitant pas quelques occasions nettes. La
pression est ainsi restée sur leurs épaules jusqu’au terme de
la rencontre qui sonna plus comme un soulagement que comme une réelle
satisfaction « On a certainement fait notre plus mauvais matchmais la victoire est au bout et c’est bien là l’essentiel » analysait le co-entraîneur Frédéric Strappazzon.
Pour Agathe Calvie et ses partenaires, la belle aventure continue. Jeudi soir,
elles affronteront la Chine, tombeuse de l’Eire
(1-0).
En obtenant un nul homérique face au Japon, les footballeuses
tricolores ont décroché leur qualification pour les quart de finale. Elles
terminent deuxièmes de leur poule et affronteront le premier du groupe C, à
priori la Finlande.
Incontestablement, cette équipe de France possède un
supplément d’âme. C’est d’ailleurs, à n’en pas douter ,ce qui lui a permis de
résister aujourd’hui à la déferlante japonaise. Ballotées, acculées sur leur but,
bref dominées durant la totalité du match, les Bleues ont appliqué à la lettre
la stratégie mise en place. L’enjeu du jour était simple : ne pas perdre, pour
ne pas mourir. Et au vu du score de l’autre match de cette poule, remporté 8-1
par le Canada face à la République Tchèque, il valait mieux s'y tenir. Privés de
leurs deux meneuses Agathe Calvie et Nelly Guilbert, suspendues, les Françaises
ne se présentaient pourtant pas dans les meilleures conditions. C’était sans
compter sur le jour de grâce de Stéphanie Mellec, auteur d’au moins cinq arrêts
décisifs, dont une claquette extraordinaire sur une reprise de volée à bout
portant, détournée sur la barre transversale (51e). Avant cela, la
gardienne française avait déjà gagné deux duels à quitte au double avec les
attaquantes japonaises. Elle avait même eu ce supplément de chance sans
lesquelles les grandes performances sont parfois impossibles, lorsque Naomi
Kawasumi, seule devant le but vide, avait expédié sa tête trop à gauche
(20e). Pour couronner le tout, les tricolores furent réduites à dix
dès la 62e minute suite au
deuxième carton jaune reçu par Priscilla Bencini. Plutôt que de les
déstabiliser, cela renforça encore leur détermination. Resserrant leurs lignes,
flottant parfaitement en défense, sans jamais se jeter au risque de voir les
adversaires s’engouffrer dans la brèche, elles luttèrent sur chaque ballon
jusqu’au coup de sifflet final libérateur. Dans les tribunes, Agathe Calvie et
Nelly Guilbert pouvaient exulter. Elles joueront leur quart de finale.
Après
leur nul inaugural contre le Canada, les footballeuses françaises ont décroché
une victoire importante en vue de la qualification face à la République Tchèque
(2-1). Les buts français ont été inscrits par la capitaine Agathe Calvie
(43e s.p) et Nelly Guilbert (52e). A noter que ces deux
joueuses seront privés du match pour la première place face au Japon (dimanche
15 août, 11h, heure locale) suite à un deuxième carton jaune.
Premières tricolores engagées dans cette Universiade
2005, les Françaises ont arraché un nul logique et mérité face au
Canada. Le match contre la République Tchèque, vendredi, s'annonce
déjà capital.Kushadasi, plus habituée à accueillir des touristes du
monde entier que des rencontres de football aura donc, le temps d'une chaude
soirée d'août, fait exception à la règle. C'est en effet dans le
cadre inédit de la célèbre station balnéaire égéenne que les Bleuettes
ont eu l'honneur et le privilège d'inaugurer l'Universiade
tricolore. Et à en croire leurs réactions quelques instants après le
coup de sifflet final, on se disait qu'elles n'étaient finalement pas si
déçues du résultat.
Car c'est un fait : menées
1-0 après l'ouverture tardive du score par la canadienne Erin
Ramsay, propulsant un corner rentrant au fond des filets, au milieu
d'une confusion de joueuses de laquelle ne pouvait s'extraire la
gardienne Stéphanie Mellec -par ailleurs irréprochable- (80e), les Tricolores
trouvèrent l'énergie et la ressource suffisante pour recoller au score dans la
foulée. Et comme un symbole, ce fut Nelly Guilbert, patronne de la défense
française et meilleure joueuse sur le terrain, qui se chargea de l'affaire. Sur
corner encore, mais cette fois-ci, en toute limpidité. A la réception de la
frappe d'Agathe Calvie, la blonde juvisyenne, seule au second poteau, prit
tout son temps pour armer une maîtresse reprise de volée qui fit passer le
frisson dans le stade (85e). Un petit bijou de but qui donnait au score son
allure définitive et finalement logique. Mais que ce fût
dur!
Sous une chaleur accablante,
le rythme de la première-mi-temps fût hachée et, à vrai dire, souvent
soporifique. Il fallut pour mémoire attendre la 26ème minute pour assister à la
première incursion française dans la surface canadienne. Echaudées dès
la 4ème minute par une double occasion adverse consécuitive à un
cafouillage dans la surface, les Bleuettes éprouvèrent ensuite les pires
difficultés à mettre leur jeu en place. En face les étudiantes à la Feuille
d'Erable, plus denses physiquement mais peu inventives, s'appuyaient
essentiellement sur la puissance de leur avant-centre Patricia Bourcier. A
la pause, le décor changea du tout au tout. L'embellie fut dans un premier temps
française. Ayant visiblement procédé à quelques réajustements tactiques, les
Tricolores se créèrent deux occasions coup sur coup. Corinne Petit
s'échappa d'abord en solitaire mais sa frappe, trop écrasée, vint buter sur la
gardienne canadienne Marie-Pier Bilodeau (51e). Puis ce fut au tour de Lilas
Traikia de déborder sur la droite pour un centre un retrait dévié de justesse
(53e).
A
ce temps fort tricolore succéda immédiatement la plus belle occasion du match,
quand Claire Thomas fraîchement rentrée en jeu côté canadien prit toute la
défense française de vitesse. La France ne dût alors son sursis qu'au
sauvetage réflexe de Stéphanie Mellec (56e). Passés tout près du K-O, les deux
équipes réfrénèrent alors leurs ardeurs offensives. Jusqu'à ces deux corners
gagnants. Dans le temps additionnel, le Canada eut la balle de match dans
les pieds mais Nelly Guilbert jaillit une dernière fois de sa boîte. Pour les
Bleues, l'essentiel était sauf.
Lydie Charrier (co-entraîneur) : L’état d’esprit
que l’on a travaillé depuis une semaine était présent. On voulait que les filles
soient solidaires et confiantes en rentrant sur le terrain et c’est ce qu’elles
ont montré. Etre mené 1-0 et revenir à la fin, c’est révélateur d’un état
d’esprit. A la mi-temps, on a changé un peu notre axe et ça a été mieux en
deuxième mi-temps. Globalement le match nul est
équitable.