L’heure des Jeux
Lorsqu’à 21 heures 45, le
double champion olympique de lutte Hamza Yerlikaya, icône en son pays, pénétra dans
l'arène en brandissant fièrement la flamme sacrée, l’émotion se fit soudain
plus grande. Les 60 000 spectateurs de l’Atatürk Stadium d’Izmir se levèrent
comme un seul homme. Au centre du terrain, les 132 délégations tournèrent leur
regard vers la vasque, qui s’embrassa dans un gigantesque
écho.
Quelques instants auparavant, le défilé des nations
avait atteint son paroxysme au passage de l’imposante délégation turque. Au
rythme des « Turkiye, Turkiye », les hôtes de cette 23e
Universiade, impeccables dans leur costume blanc et rouge accomplirent un
vibrant tour d’honneur avec, sans doute au fond d’eux, le secret espoir d’en
effectuer beaucoup d’autres. Les Français eux, emmenés par leur porte-drapeau
Terence Joubert, escrimeur, champion du monde junior au sabre et 4ème par équipes à l’Universiade de Daegu en
2003, s’étaient rapidement fondus dans l’ambiance.

Entrés dans l’arène en chantant La Marseillaise, ils continuèrent à
enflammer le chaud public turc tout au long de leur tour de piste, provoquant de
nombreuses olas sur leur passage. « Un moment d’émotion intense, une
grande fierté » pour le jeune Joubert. Des images fortes, il y en eut
beaucoup dans ce défilé : des ravissantes tenues Espagnoles et Lituaniennes, au
frisson des chants sud-africains en passant par l’incontournable haka
néo-zélandais, torses nus, face à la tribune d’honneur. Quand débuta le
spectacle final intitulé « Anatolia, the land where the sun rises »,
on vit apparaître le cheval de Troie et la première carte du monde réalisé par
Piri Reis. 867 danseurs se succédèrent alors en son et en lumière jusqu’au feu
d’artifice final. Aujourd’hui, c’est l’heure des
Jeux
Damien Bardot