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France-Angleterre : revanche et regrets

A La Roche-sur-Yon, dans des conditions climatiques difficiles mais devant 4 000 spectateurs enthousiastes, l’équipe de France universitaire de rugby a pris sa revanche sur son homologue anglaise, vainqueur quinze jours plus tôt à Londres. Un beau succès qui ne masque pas pour autant une réalité inquiétante : la désertion des nations celtes, réduisant le Tournoi 2005 à sa plus simple expression.


La tribune d’honneur du Stade Henri Desgranges est debout. Alignés, main dans la main, levant puis baissant les bras au rythme de la banda, les jeunes tricolores répondent en cadence au public vendéen. Belle image de communion entre une équipe heureuse du devoir accompli et des supporters récompensés d’avoir bravé le froid, la neige et le vent glacial de ce vendredi soir hivernal. C’est en effet dans ces conditions peu favorables au jeu de rugby que les universitaires français ont atteint leur double objectif : prendre leur revanche, et y ajouter la manière. Défaits outre-Manche deux semaines auparavant (6-10), les Bleus, au groupe largement remanié (six changements effectués en raison de la journée de Top 16 chevauchant exceptionnellement ce week-end international) avaient en effet à cœur de laver l’affront.

L’entame de match confirmait d’ailleurs leurs fermes ambitions. Présents, agressifs, imposant un défi physique permanent aux Anglais, les Bleus récoltaient très vite le fruit de leur engagement sans faille. Dès la 4 e minute, le lyonnais Julien Salellas, absent à l’aller mais capitaine aujourd’hui, montrait la marche à suivre à ses coéquipiers en concluant un groupé-pénétrant d’école entamé sur les 22 mètres anglais. Le ton était donné. Les Français posaient d’emblée leur griffe sur le match : ils ne desserreraient plus l’étreinte. Seul le vent violent, assorti de quelques maladresses et des décisions parfois douteuses de l’arbitre irlandais…Mr English retardait l’inéluctable. Menés 11-6 à la pause, après que le buteur greno-berjallien Fabien Gengenbacher, ait répondu par deux fois (30 e, 40 e + 3) à son vis à vis James (6 e, 27 e), les Anglais poursuivaient leur chemin de croix à la reprise. Un temps stérile, la domination bleue trouvait finalement son aboutissement à la 64 e minute sur une exploit personnel du bouillonnant ailier Florian Ninard. Récupérant un ballon mal dégagé sur les 22 mètres du XV de la Rose, le limougeaud s’enfonçait dans la défense blanche pour marquer en coin. Dix minutes plus tard, son compère Vukovic, concluait un mouvement collectif d’envergure, donnant au succès tricolore des proportions plus justes (23-6).


« Si on était perfectionniste, on dirait qu’on pouvait faire mieux . On a fait de bonnes actions mais on n’a pas marqué assez de points. Si on avait pu se libérer avant, ça aurait été beaucoup mieux. J’ai bien aimé notre défense, les Anglais n’ont eu quasiment aucune occasion de scorer. On a essayé de jouer des ballons de récupération et d’écarter au maximum, on a eu beaucoup de bonnes intentions. Notre travail d’usure a payé en fin de match. Tout cela alors que les conditions étaient très difficiles avec du vent, du froid et de la neige. Ce qu’on voulait, c’était pratiquer un rugby de mouvement et proposer du spectacle. Quand on voit la communion avec le public à la fin du match, on peut dire que l’on a réussi notre pari ».

Des propos de Dominique Davanier, co-entraîneur de France U, relayés par le coach anglais Richard Hill, ancien demi de mêlée de Bath et du XV d’Angleterre. « On s’est bien battus mais les avants Français étaient très forts, ils nous ont mis beaucoup de pression, notamment en mêlée. De la sorte, on n’a pas eu beaucoup de ballons. Les Bleus ont bien mieux joué qu’il y a deux semaines. Au match aller, on avait pratiqué un bon rugby, mais c’était évident que les Français pouvaient faire beaucoup mieux. On l’a vu ce soir. » De quoi donner des regrets aux Bleus de ne pouvoir poursuivre l’aventure au delà de cette double confrontation franco-anglaise. Victime de la désertion des nations celtes, Pays de Galles, Ecosse et Irlande, pour des raisons financières, le rugby universitaire international souffre face à l’avènement du professionnalisme. La Coupe du Monde elle-même est menacée. « Les responsables du rugby international devront se réunir pour relancer le Tournoi et envisager l’avenir » clame René Viguera, l’autre homme de terrain de France U. C’est tout le mal qu’on leur souhaite. Pour que vive le rugby U…


Damien Bardot

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