
Olivier, nous sommes à l’heure des vœux. Si je vous dis 6 juillet 2005…
Ce sera le grand jour, peut-être un grand jour pour la France entière. Ce sera aussi l’aboutissement de plusieurs mois de travail. A l’arrivée, il n’y aura qu’un seul vainqueur et on espère tous être celui-là.
A six mois du verdict, où en est la candidature de Paris 2012 ?
Dans une candidature, il y a trois grandes échéances : la remise du dossier, la visite de la commission et la présentation finale aux membres du CIO. Il y a quelques semaines, nous avons rendu le dossier technique. Notre prochaine échéance est désormais la visite de la Commission d’évaluation du CIO, du 9 au 12 mars prochain. Elle est capitale. Nous avons intégré une agence qui travaille avec nous sur la préparation de cette visite. L’idée est de faire ressentir à la commission l’esprit de notre candidature, à travers la ville et les sites retenus.
Pour vous qui avez connu l’échec du projet Paris 2008 et qui en êtes l’un des seuls « rescapés », quels sont les principales différences entre les deux candidatures ?
Grâce au projet Paris 2008, nous ne sommes pas partis de la « page blanche ». Ce fût un avantage, un gain de temps énorme. On a pu reprendre les bases existantes et se servir de notre première expérience pour développer de nouveaux concepts. Je dirais que le projet 2012 a atteint une toute autre dimension par rapport à son prédécesseur.
A titre personnel, quel est votre rôle exact au sein du GIP ?
Philippe Baudillon, directeur du GIP Paris 2012, a souhaité mobiliser toute la famille du sport français autour de notre candidature. Avec Thierry Rey, ancien champion olympique de judo (NDLR : Moscou 1980), notre mission est donc de présenter, d’informer, de valoriser, bref de promouvoir le projet auprès du monde sportif afin d’ obtenir toute son adhésion. Vous savez, les Jeux olympiques, ce sont avant tout les athlètes et le sport : ils doivent donc avoir leur place au sein du projet. Pour nous, il est important qu’il y ait une vague d’enthousiasme de la part du mouvement sportif, autour de la candidature française. Je crois que c’est le cas aujourd’hui : il y a une véritable demande. Nous récoltons les fruits de tout ce que l’on a semé depuis plusieurs mois.
Comment s’organise votre mission ?
Nous l’avons structuré autour de trois grands dispositifs. D’une part, le dispositif francilien qui fonctionne depuis le mois de mai dernier. D’autre part celui des CROS et des CDOS, en marche depuis octobre 2004. Ces 130 structures ont été « adoubées » par le CNOSF, ont reçu une dotation et des directives…Enfin, celui des fédérations qui comporte une cinquantaine d’événements entre janvier et juillet 2005. Notre objectif est d’être présent sur l’ensemble de ces manifestations sportives et d’y afficher une visibilité. Certains - une trentaine environ - sont classés rouges car ils sont susceptibles d’accueillir des personnalités internationales. Les autres sont classés jaunes.
Pourquoi ne pas avoir déclenché ce dernier dispositif plus tôt?
Car c’est la règle. Le CIO n’ autorise les villes candidates à communiquer sur les événements internationaux que depuis le 15 novembre dernier. De plus, nous ne pouvons le faire que sur les événements ayant lieu sur le territoire national. On va donc l’utiliser au maximum sur des manifestations majeures comme le Tournoi de judo de Paris, le Jumping international de Paris-Bercy, la Coupe du monde de fleuret…
Le sport universitaire est-t-il concerné par ce dispositif ?
Bien sûr. Grâce à la FF Sport U, avec laquelle nous sommes toujours en relation, nous communiquerons sur les événements majeurs à savoir les principaux championnats de France et l’Universiade d’hiver.
En tant qu’ancien ancien sportif de haut niveau, votre mission au sein du GIP doit être passionnante…
Elle l’est d’autant plus qu’avec Thierry, nous évoluons dans notre monde. Notre parcours fait que nous sommes très complémentaires au niveau des contacts dans le monde du sport. Et puis, nous avons tous les deux vécu les Jeux. Nous savons ce que cela représente. Nous avons envie de le faire partager car les JO, c’est le partage avant tout.
Les JO, c’est aussi la compétition, notamment celle qui se déroule actuellement avec les autres villes candidates (Madrid, Londres, Moscou et New-York)…
On le sait depuis le début : dans cette compétition, il n’y aura que la médaille d’or. Le 6 juillet, le verdict tombera. Jusque là, il faut mettre tous les atouts de notre côté. La bataille à distance est engagée. On entend même parler de débats télévisés entre villes candidates. Récemment, il y a eu à quelques « tensions » et Jacques Rogge, président du CIO a dû rappeler tout le monde à l’ordre,.
On connaît l’impact économique lié à l’organisation des Jeux. Quel message feriez-vous passer aux étudiants qui liront ces lignes ?
Les Jeux seront générateurs d’emploi. Nous avons fait réaliser une étude par le Boston Consulting, en cas de succès de notre candidature. Les chiffres sont éloquents : 42 000 emplois pérennes seront créés autour du sport,. En terme de bénévolat, les JO à Paris nécessiteront près de 45 000 personnes auxquelles s’ajoutent 15 000 bénévoles pour les Jeux paralympiques. Il faudra nécessairement « piocher » dans le giron estudiantin pour trouver les forces vives.
On ne vous quittera pas sans faire appel à votre mémoire d’ex-universitaire. Vous avez participé à deux Universiades (NDLR : Mexico 1979 et Bucarest 1981) (il coupe)…
Ce sont tout simplement mes plus beaux souvenirs. Mon premier grand résultat international, je le dois aux Universiades (NDLR : médaille d’argent à Bucarest). Ma première grande compétition également : c’était à Mexico en 1979, j’étais encore junior 2 ème année. Défiler dans le stade olympique où avaient eu lieu les Jeux, dix ans auparavant, fût un moment extraordinaire. Pour moi, l’Universiade est le symbole par excellence de ce que doit être le sport. Elle offre une ambiance, un échange, une convivialité autour de la compétition qui est unique et qui n’occulte pas pour autant la performance. Aux Jeux c’est un peu différent, la notion de performance prime avant tout.
Olivier LENGLET
44 ans
Directeur des relations avec le monde sportif
Formation
Professeur d’EPS – DESS droit, économie et gestion dus sport
Sportif de haut niveau
Champion olympique à l’épée par équipe (Séoul 1988)
Champion du monde par équipe (1982 et 1983)
Champion de France (1986 et 1990)
Membre de l’équipe de France d’escrime de 1980 à 1992
Parcours professionnel
Directeur adjoint des sports à la ville de Nîmes
Chargé de la reconversion des athlètes de haut-niveau à l’INSEP
Conseiller technique chargé de la Jeunesse et des Sports à la mairie de Paris Directeur des Sports du Comité de candidature de Paris aux JO de 2008
Directeur des sports (Manager Relations Fédérations Internationales) au Comité International Olympique |