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José Savoye : « Il faut augmenter le nombre de licenciés »

Elu président de la Fédération Française du Sport Universitaire, pour un mandat de quatre ans, lors de l’Assemblée générale du 12 décembre 2004, le professeur José Savoye évoque son parcours, les circonstances de son élection et ses ambitions pour la FF SPORT U.


Propos recueillis par Damien BARDOT

 Qu’est-ce qui a motivé votre candidature à la présidence de la FF SPORT U ?

J’ai toujours été passionné par le sport universitaire. Je crois l’avoir montré dans mes précédentes fonctions. Durant mes deux mandats de président de l’université Lille II, j’ai œuvré pour le développement du sport au sein de mon université, en acquérant par exemple un stade sur fonds propres ou encore en investissant sur une salle de gymnastique, une bulle de tennis, une piste d’athlétisme, deux terrains de football synthétiques... Lille II était d’ailleurs l’université possédant le plus gros budget sportif de France, à dotation ministérielle égale. Il y avait une réelle volonté de développer le sport, la dotation étant largement abondée par l’ensemble des composantes de l’université.

En tant que président - élu pour un troisième mandat -, du CR SPORT U de Lille, le plus important de France en terme de licenciés, vous n’étiez pas non plus ignorant des réalités fédérales…

De par ma position, j’ai effectivement été informé des problèmes qui se posaient. J’ai été contacté par un certain nombre de collègues qui m’ont demandé si j’étais intéressé par la présidence fédérale. Dans la mesure où Jean-François Sautereau (président de l’Université Paul Sabatier Toulouse) et Jean-François Jal (Président du CR Sport U Lyon) ne souhaitaient pas se présenter, j’ai posé ma candidature avec leur accord et celui de la Conférence des Présidents d’Université (CPU)

Justement, pour la première fois, votre candidature a été soutenue et appuyée par la CPU. Y voyez-vous un atout, une opportunité pour le développement du sport universitaire ?

J’ai toujours pensé que l’avenir du sport universitaire dépendait de l’intérêt effectif que lui manifestaient les universitaires. Il est donc indispensable d’avoir les soutien de la Conférence des Présidents d’Universités pour mettre en place les moyens d’une politique sportive universitaire. Maintenant, il faut que ce soutien ne soit pas seulement verbal mais effectif et qu’il se concrétise en actions. On a déjà pu constater qu’au sein du comité directeur élu, figurent deux présidents d’université en exercice et qu’à l’assemblée générale, sept présidents ou anciens présidents étaient présents. Pour la première fois, la CPU occupait officiellement le siège qui est le sien au sein de la FF SPORT U. Le processus est enclenché : très prochainement, je vais avoir des liens avec la commission « vie de l’étudiant » au sujet de notre politique sportive.

Il est parfois difficile pour l’étudiant de distinguer les différents interlocuteurs du sport universitaire…

Tout à fait. Les acteurs du sport universitaire manquent de lisibilité. L’étudiant a du mal à savoir qui est qui et qui fait quoi. Parfois, les enseignants eux-même s’y perdent. Que font les STAPS ? Que font les SUAPS. Que font les AS ? Que fait la FF SPORT U ? Or, si on jette simplement un coup d’œil sur les textes, au terme de la loi, ce sont les universités qui ont la responsabilité de l’organisation et du développement du sport universitaire. Cette responsabilité, elles la mettent en œuvre dans le cadre de leur SUAPS dont la création est obligatoire. Le même texte ajoute que si les universités créent une association sportive - ce qui est une possibilité mais non une obligation -, celle-ci est obligatoirement affiliée à la FF SPORT U, qui a en charge l’organisation de la compétition sportive universitaire. Quant aux UFR STAPS, elles entrent dans le cadre de la mission de l’université. Un certain nombre d’universités ont en leur sein une UFR STAPS ou une Faculté des Sciences des Sports dont la responsabilité, essentielle, est l’enseignement et la recherche dans le domaine des activités physiques et sportives.

Dès lors si l’ensemble de ces partenaires ne coordonnent pas leur action et ne s’entendent pas entre eux pour éviter les chevauchements ou les antagonismes, cela tourne à la cacophonie et l’étudiant ne sait plus à quel saint se vouer. J’ai la conviction profonde que cette coordination est non seulement possible mais indispensable.

On vous a senti quelque peu perplexe devant le faible pourcentage de licenciés dans les universités en comparaison avec celui des Ecoles …

Effectivement. Je crois que plusieurs facteurs peuvent expliquer cela : à l’intérieur des Ecoles les phénomènes d’identification sont plus faciles, le nombre d’inscrits est inférieur, l’organisation des études est plus centralisée. Je crois aussi que l’esprit de compétition et l’émulation y sont assez répandus, qu’on y mesure mieux l’importance du sport et le rôle de la compétition sportive. Dans mon CR SPORT U, je connais des écoles d’ingénieurs où le taux de licenciés atteint les 100% ! Certes, c’est exceptionnel et cela ne peut constituer un objectif réaliste pour les universités. Ce qui, en revanche, est plus troublant, c’est que, parmi les universités, le taux de licenciés est infiniment variable. Certaines possèdent un taux de licenciés extrêmement faible. Aujourd’hui, la moyenne globale d’étudiants licenciés correspond à 4% de la population étudiante. Pour moi, ce taux n’est pas viable. Si l’on reste à 4%, on ne représentera pas grand monde. Il est clair qu’il est nécessaire d’augmenter ce chiffre qui, à mon avis, est à l’origine de la plupart de nos difficultés.

Comment pensez-vous inciter les étudiants à rejoindre le giron de la FF SPORT U ?

Je crois qu’il faut montrer aux enseignants eux-mêmes que la source de la plupart de nos difficultés provient du manque de moyens lequel est directement lié au faible taux de licenciés. Aujourd’hui, la réforme du LMD est une chance fantastique pour le sport universitaire. Les SUAPS ont su l’exploiter et je m’en félicite. Ma grande ambition est d’en faire autant avec la FF SPORT U. Il faut mettre en avant la valeur pédagogique de la compétition. Le meilleur moyen pour y parvenir serait d’intégrer au cursus des U.E dites de compétition. Pour cela, il faut lever certains obstacles. Cela suppose également un effort d’adaptation, de réflexion et d’innovation de notre part. Vous savez, je suis quelqu’un de très pragmatique. Par principe, je n’aime pas les grand-messes. Je suis pour la démarche empirique, l’expérimentation sur le terrain. C’est souvent plus efficace.

 Vous êtes membre du Conseil National du Sport Universitaire (CNSU) au sein duquel sont représentés tous les partenaires du sport universitaire. Quel rôle comptez-vous jouer au sein de cette instance et quel rôle peut jouer selon vous le CNSU dans le développement du sport universitaire ?

Au sein du CNSU, je n’ai pas d’autre ambition que de jouer mon rôle de président de la FF SPORT U. Je pense avoir quelques atouts pour y parvenir : je suis un universitaire, j’aime le sport universitaire, j’ai été pratiquant du sport universitaire, j’ai eu au sein de l’ université que je présidais une Faculté des Sciences des Sport au développement de laquelle je me suis attaché et j’ai mis à disposition de mon SUAPS le budget le plus important de France. J’ai donc la chance d’avoir une connaissance personnelle de chacun des acteurs du sport universitaire et d’être parfaitement capable d’entendre le point de vue de chacun. Quant au CNSU, il est l’instance réunissant l’ensemble des partenaires et des acteurs. Chacun doit y prendre ses responsabilités. A ceux que l’on a déjà cités s’ajoutent les syndicats d’enseignants, nos deux ministères de tutelle, et bien-sur les étudiants. Il ne faut pas oublier que les acteurs, les vrais, ce sont eux. Ils sont présents partout : au sein de la fédération, des SUAPS, des STAPS, des Ecoles. C’est aussi à eux de ne pas se comporter uniquement comme des « clients ». Ils ont une responsabilité et il faut leur donner les moyens de l’exercer. De manière à ce qu’en cas d’erreur, ils ne puissent pas dire : « nous, on n’y est pour rien ».

D’une manière générale, le CNSU doit être le lieu où les grandes questions doivent être posées et débattues. C’est là que l’on peut espérer dégager une politique d’ensemble.

Revenons à votre élection. Que pensez-vous de la composition du nouveau comité directeur ?

Contrairement aux craintes de certains, je pense qu’il s’agit d’une composition équilibrée. Il y a des représentants des universités, notamment des présidents d’universités, des représentants des STAPS, des Grandes Ecoles, des SUAPS et bien évidemment des hommes et des femmes de terrain que sont les professeurs d’EPS. L’un des aspects qui m’intéressent le plus, c’est qu’ un certain nombre de membres possèdent plusieurs casquettes. Il faut noter également qu’au niveau des étudiants, toutes les universités ou Grandes Ecoles qui avaient un candidat au comité directeur ont eu au moins un représentant élu. Je regretterai seulement le faible pourcentage de femmes mais il est vrai qu’il y avait peu de candidates.

Quatre mois après votre élection, quelles sont actuellement les grands dossiers qui vous occupent?

Je crois d’abord qu’il faut faire table rase du passé. On remet les compteurs à zéro et on démarre un nouveau cycle. Il faut être pragmatique. On a identifié un certain nombre de problèmes : réglons-les. Même si cela peut paraître « jouer petit bras » (sic), ces problèmes sont à l’heure actuelle essentiellement d’ordre matériel : l’achat du siège, les moyens financiers - budget et recettes-, la situation des directeurs régionaux... Ce à quoi j’ajouterai quelque chose qui nous tient tous à cœur : la visibilité de la FF SPORT U. On travaille sur la communication, pour faire valoir notre cause et montrer qu’elle est belle. Les compétitions universitaires, les champions universitaires doivent être mis en avant. C’est à travers eux que l’on intéressera les médias et les partenaires privés.


José SAVOYE
63 ans


Services universitaires


Professeur titulaire de Droit Public à l'Université de Lille II depuis 1978

Fonctions électives universitaires

Directeur fondateur de l'Institut de la Construction de l'Environnement et de l'Urbanisme de l'Université de Lille II depuis 1974
Doyen de la Faculté des Sciences Juridiques, Politiques et Sociales du 25 février 1983 au 26 février 1989
Président de l'Université Droit et Santé de Lille du 26 février 1989 au 26 février 1994
Président du Pôle Universitaire Européen de Lille du 30 mars 1994 au 30 mars 1996 Réélu Président de l'Université Droit et Santé de Lille du 1er mars 1999 au 29 février 2004
Membre élu au sein de la Conférence Permanente des Présidents d'Universités
Président du groupement d'intérêt public "Fédération Inter-Universitaire - Université  Médicale Virtuelle Francophone" (FIU - UMVF) à compter du 16 octobre 2003

Divers


Conseiller municipal de Lille
Ancien Président du Lille Université Club
Président du Comité Régional du Sport Universitaire de l'Académie de Lille (3ème mandat)
Avocat au barreau de Lille

Distinctions honorifiques


Commandeur des Palmes Académiques (Décret du 25 juillet 1995)
Officier de la Légion d'Honneur (Décret du 31 décembre 1999)

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