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Champions !

En mai, c’est le temps des finales. Basket, football, handball, rugby, volley, water-polo : au fil des jeudis, les championnats de France universitaires délivrent leur palmarès et leurs lots d’émotions. Ambiance autour de ces événements « pas comme les autres ».


Partout, les mêmes scènes de joies collectives, les même cris, les mêmes rires, les mêmes larmes. Le même rituel aussi : d’abord on explose, on s’embrasse, on danse et on chante. Une joyeuse cacophonie où seuls l’air et les paroles diffèrent .« On est les champions, on est les champions… » où « champions de France, champions de France… ». Chacun son tube. Ensuite, on reçoit les médailles, les trophées, les tee-shirts, éternels symboles du triomphe présent. Enfin, on pose pour la photo souvenir, celle que l’on garde précieusement pour la ressortir bien des années plus tard, en témoignage d’une époque formidable.

De jeudis en jeudis, de stades en gymnase, ces moments intenses, uniques, se répètent invariablement. Sans conteste, le titre de champion de France universitaire possède une saveur particulière. Il marque l’aboutissement d’une aventure humaine et collective, celle des copains et copines de fac, unis autour d’une même passion et d’un même objectif. « Etre champion de France universitaire, représente à la fois peu et beaucoup de choses » témoigne Fabien Galthié, entraîneur du Stade Français et ancien capitaine du XV de France. « En universitaire, il y a moins de pression qu’en club. Du coup le jeu devient prioritaire sur l’enjeu. L’affectif tient une place importante. On joue, avec ses potes, ceux que l’on côtoie tous les jours sur les bancs de la fac mais aussi en dehors. C’est le temps de l’insouciance, une période dorée de l’existence. Bien souvent, les amis que l’on se fait le restent pour la vie.» Plusieurs fois titré avec l’équipe de rugby de l’Université Paul Sabatier Toulouse, Galthié sait de quoi il parle. A un journaliste d’un grand quotidien sportif lui demandant un jour si son match le plus accompli restait la mythique demi-finale de Coupe du monde 1999 face aux All-Blacks, il répondit, malicieux. « C’est difficile à dire. Chaque match a sa vérité. Mon meilleur match, je l’ai peut-être livré un jeudi après-midi, à Limoges, lors d’une demi-finale du championnat de France universitaire face au Staps Orsay».

Si le sport universitaire jouit d’une image à part, c’est aussi parce qu’il s’appuie sur des valeurs simples, loin du sport-spectacle et de l’argent-roi. Amateurisme et convivialité, telles sont les recettes du succès. Dans cette optique, il n’est pas rare de voir des joueurs ou joueuses confirmés, s’offrir un bon bol d’oxygène au sein des équipes universitaires. L’université du Havre, récente championne de France en handball féminin en est la parfaite illustration. « Chez nous, Mariama Camara (internationale A), Maakan Tounkara (international espoir) ou Nicky Houba (internationale belge) jouent le jeu à 100%, avec beaucoup d’humilité » constate Frédéric Bougeant, l’entraîneur havrais. « Le fait de jouer en universitaire, c’est aussi une manière pour elles de remercier l’université du soutien qu’elle apporte aux sportifs de haut-niveau. Après le titre de cette année, nous avons tous envie de revivre pareille aventure. J’ai vu des joueuses pleurer après la finale. Certaines d’entre elles n’évoluent même pas en club. C’est magique » Même son de cloche chez Yannick Carreau, entraîneur des garçons du Staps Caen, champion de France de football 2005. Finaliste malheureux en 1975, le coach bas-normand continue de véhiculer des idées, auxquelles ses jeunes ouailles adhèrent sans modération. « Il y a un vrai symbolisme dans le sport universitaire. C’est le sport pur, celui que l’on aime. J’y vois une réelle portée humaniste et philosophique. Nous n’avons pas besoin de nous entraîner pour être performant. Quand on se retrouve pour jouer, tout le monde est sur même longueur d’onde, prêt à donner pour l’autre. Les mecs sortent des réalités de leurs clubs et ça leur fait du bien».

Cette saison, pas moins de trente-six titres de champions de France universitaires seront décernés en sports collectifs. Trente-six lignes sur un palmarès et des milliers de souvenirs pour la vie.


Damien Bardot

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