La cérémonie
se déroulait en
présence de MM.Jean-François Lamour,
Ministre des Sports, Henri Sérandour, président
du CNOSF et de Me Marie-Claire Restoux-Gasset, conseillère
technique du Président de la République.
Cette récompense, décernée par
le CNOSF et l'Association Française pour un
Sport sans Violence et pour le Fair-Play (AFSVFP),
salue à sa juste valeur un geste aussi admirable
qu'inhabituel. Récit.
Nous
sommes le 2 mai 2002. Vichy accueille la finale du
championnat de France universitaire de football Nationale
I. Un duel 100% normand opposant l'UFR STAPS de Caen à celui
de Rouen. Le match est commencé depuis une vingtaine
de minutes lorsque survient l'accident. Sur un
corner, l'attaquant rouennais Grégory Beaugrard, à la
lutte avec un défenseur caennais, s'écroule
dans la surface de réparation. Aucune faute
n'a été commise
mais, à la retombée du ballon, la cheville
du joueur haut-normand a tourné à 90
degrés.
Immédiatement, partenaires et adversaires prennent
conscience de la gravité de la blessure. «C'était
une vision impressionnante» se souvient
Guillaume Marie capitaine caennais ce jour-là,
devenu depuis préparateur physique au centre
de formation du FC Troyes (L2). Tellement impressionnante
que les joueurs caennais prennent alors une décision
exceptionnelle. « Nous
nous sommes réunis alors que Grégory
recevait les premiers soins. Et là, d'un commun
accord, nous avons décidé d'arrêter
le match. En fait, nous nous sommes mis à sa
place et nous voulions lui montrer notre solidarité.
Cela s'est fait naturellement ». Un
geste rare sur un terrain de football, mais qui, pour
Yannick Carreau, entraîneur caennais et co-sélectionneur
de l'équipe de France universitaire, correspond à une
philosophie profonde, « la mienne et
celle du sport universitaire ».
Cet international
universitaire - il a disputé la Coupe du monde
U en Uruguay en 1976, aux côtés d'un certain
Arsène Wenger, autre modèle de fair-play
-, s'avoue « très fier » de
ses troupes. « Le sport, c'est la rencontre.
On est à la fois contre et avec l'adversaire.
Notre geste est aussi là pour le rappeler ». Un
geste que l'on imagine mal se produire dans le monde
fédéral, « où tout
le monde est obnubilé par la performance » ajoute
Guillaume Marie. « C'est pour ça
que j'adorais jouer en universitaire. C'était
une bouffée d'oxygène. Cela faisait voir
les choses autrement ». Pour la petite
histoire, la finale fût rejouée quelques
jours plus tard et, à Honfleur, le STAPS de
Caen s'offrit le titre de champion de France. Une victoire
sans appel, 5 buts à 1. Quant à Grégory
Beaugrard, héros malheureux, il s'est depuis
rétabli.
Après de longs mois de convalescence, il a même
connu, par la suite, les joies d'une sélection
en équipe de France universitaire sous la houlette
d'un certain .Yannick Carreau. Le meilleur moyen
de boucler la boucle. |