Interview
FF
Sport U : Exemple de réussite tant au niveau
sportif que scolaire (CAPEPS obtenu l'an passé),
avez-vous toujours eu à cour de concilier les
deux ?
Romain Barras :
Oui, car l'athlétisme et en particulier le décathlon
est encore loin d'être professionnel. Il est donc
absolument nécessaire de penser à sa reconversion.
Je considère par ailleurs que les études forment
un équilibre dans la vie d'un sportif, et qu'il
est toujours préférable de faire quelque chose en
plus du sport que l'on pratique.
Mais
n'est-il pas difficile de suivre des études tout
en étant sportif de haut niveau ?
J'ai
traversé des moments de doutes, mais je suis toujours
resté motivé. Bénéficiant d'aménagements spécifiques
aux sportifs de haut niveau, j'ai pu suivre convenablement
mes études Staps à l'Université du Littoral. J'ai
obtenu mon Deug et ma licence avec mention bien,
puis mon CAPEPS (en 2002) bien que m'étant cassé
le pied deux jours avant les oraux.
Comment
avez-vous découvert l'athlétisme et pourquoi
avoir choisi le décathlon ?
J'ai
commencé l'athlétisme à l'âge de 7 ans, mais pour
l'anecdote mon père me racontait qu'à l'âge de
trois ans je faisais des haies avec des boites
à chaussures qu'il plaçait dans le couloir de
notre domicile.
Il a été d'ailleurs mon entraîneur depuis mes
débuts jusqu'à il y a encore deux ans. C'est lui
qui m'a fait découvrir l'athlétisme.
Bien qu'ayant joué au volley et au basket à l'adolescence,
j'ai toujours voulu faire du décathlon. C'est
un sport complet où l'ambiance est excellente.
Le
décathlon c'est une famille, c'est l'école de
la vie.
« Victime »
du système de minima de la Fédération Internationale
d'Athlétisme, vous n'avez pu être présent aux
Championnats du Monde à Paris. En contrepartie
vous avez pu participer à l'Universiade de Daegu.
Dans
quel état d'esprit étiez-vous à l'approche de
cet événement ?
Ce
n'est pas dans mes habitudes mais je suis parti
une semaine en vacances avant le début des Universiades.
J'avais besoin de souffler et de faire le point
après la déception de ma non-sélection aux Championnats
du Monde. A mon arrivée à Daegu, je n'avais pas
la pression, je savais que j'avais la meilleure
performance de la start list. Puis à l'approche
de la compétition, je me sentais de mieux en mieux
physiquement. Je me suis motivé petit à petit,
comme à mon habitude.
Poussé par un Estonien
qui réalise la meilleure performance mondiale espoir
de l'année (8122 points), vous remportez la médaille
d'or en battant quatre de vos records personnels.
Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ce concours ?
Avant
le début du décathlon, l'Estonien m'avait fait
part de son état de forme. Je savais qu'il allait
être un sérieux adversaire, même si je n'imaginais
pas qu'il batte 7 de ses records.
Le matin, j'avais pris connaissance des performances
de Laurent Hernu aux Championnats du Monde, c'était
mon repère. A l'issue de la première journée,
j'avais 6 points d'avance sur lui, mais je savais
qu'il était meilleur que moi le deuxième jour.
J'avais vraiment à cour de bien figurer aux Universiades
et rivaliser avec la performance de Laurent à
Paris.
Je tiens d'ailleurs à remercier le staff français
et en particulier l'entraîneur Frédéric Roche,
qui à su me soutenir durant toute la compétition.
D'autre part, les autres athlètes, je pense à
Joan Charmant à la hauteur, Jérôme Clavier à la
perche, Vincent Zouaoui-Dandrieux au 1500 mètres,
m'ont donné de précieux conseils durant les deux
jours. C'est une équipe formidable.
En
réalisant 8196 points, vous détenez le nouveau
record de France Universitaire et vous devenez
le 7ème performeur français de tous
les temps. Quelles sont vos impressions ?
J'avais
déjà passé la barre des 8000 points, mais approcher
8200 points c'est un beau rêve. Etre le 7ème
performeur français de tous les temps, ça fait
évidemment plaisir, mais ce n'est pas pour autant
que je vais me monter la tête. Ce n'est que du
sport.
La cérémonie d'ouverture et de clôture,
le village des athlètes, les nombreux supporters.
que pensez-vous de l' ambiance qui règne aux Universiades?
Le
spectacle, la fête, le public et toutes les délégations,
c'est très impressionnant.
J'étais déjà présent il y a deux ans à l'Universiade
de Pékin, mais l'ambiance que ce soit au sein
de l'équipe d'athlétisme ou avec les autres sports
était encore meilleure cette année à Daegu. Nous
avons fait de belles soirées avec les volleyeurs
et volleyeuses notamment.
Avec votre
récente performance à l'Universiade de Daegu, vous
confirmez votre énorme potentiel . Quels sont désormais
vos objectifs ?
Je vais dans un premier temps prendre du repos,
car la saison a été longue et éprouvante. Puis je
vais m'entraîner de façon à être le plus compétitif
possible en vue des Jeux Olympiques d'Athènes en
2004.
Rappel des performances
de Romain BARRAS (entre parenthèses celles de Laurent
Hernu aux Mondiaux) :
100m
: 11.18 (11.20)
Longueur :
7m15 (7m20)
Poids : 14m51
(13m99)
Hauteur :
2m01 (2m03)
400m :
48.84 (48.96)
110m haies :
14.35 (14.15)
Disque : 45m58
(48m)
Perche :
4m70 (4m90)
Javelot :
63m60 (59m40)
1500m :
4.27.19 (4.31.00) |
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Palmares :
- Médaille d'or de l'Universiade d'été 2003 avec
8196pts, record de France universitaire
- Vainqueur de la coupe d'Europe (individuelle et
par équipe) avec la France (2003)- 2ème
des championnats de France indoor et outdoor élite
(2003)
- Champion de France indoor espoir 1 et 2 (2001
et 2002 )
- 4ème des championnats d'Europe (-23ans)- 5ème
de l'Universiade de Pékin (2001)
- 5ème de l’Universiade de Pékin
(2001)