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Jeudi 26


Socquet-Clerc , le beau doublé
Une seule épreuve au programme des Bleus aujourd’hui à Harbin : le slalom dames. On attendait une performance d’Anne-Sophie Barthet : hélas, la skieuse de Courchevel, troisième à l’issue de la première manche est sortie sur l’avant-dernière porte de la seconde. Du coup, le bonheur est venu de Pauline Socquet-Clerc :  6e de la descente, 2e du Super G, 9e du géant, la Praline termine  9e du slalom et s’offre ainsi la 3e place au combiné. C’est la dixième médaille tricolore. Au classement des Nations, la France, huitième, rétrograde d’un rang, devancée par la Pologne.

De grands yeux vert-noisette éclairent son visage au teint hâlé. Sourire accroché au lèvres, Pauline Socquet-Clerc traverse cette Universiade avec un plaisir non dissimulé. « C'est une fille sereine, bien dans sa tête » constate Loïc Le Quellec, le coach tricolore, qui fût son entraîneur durant trois ans au Pôle France d’Albertville.  Avec deux médailles autour du cou, l’argent du super G et le bronze du combiné, Pauline est l’athlète la plus titrée des Bleus à Harbin. Une sacrée performance qui ne lui fait pourtant pas oublier la précarité de son statut de skieuse. Entretien.

Pauline, cette médaille en combiné, était-ce un objectif, après l’argent du Super G?
Ca l’est devenu à partir d’hier quand j’ai vu que j’étais troisième. Je voulais absolument la garder. Du coup, aujourd’hui, je n’ai pas skié très relâchée, je n’ai pas fait un super slalom. Mais ça suffit pour décrocher le bronze, je suis contente.

Avant de débarquer sur cette Universiade, pensiez-vous faire aussi bien ?
J’ai toujours des ambitions, quelle que soit la course. Mais je ne savais pas forcément le niveau que l’on allait rencontrer. A l’arrivée je fais deux médailles ici, en Chine. C’est une belle satisfaction.



Pauline Socquet-Clerc

Parlez-nous de votre parcours de skieuse ?
Mon père qui était moniteur, m’a mise sur les skis dès l’âge de trois ans. Ensuite j’ai gravi tous les échelons jusqu’au pôle France d’Albertville, où je suis entrée en classe de première. Au départ, tout est allé dans le bon sens. J’ai intégré l’équipe de France juniors pendant deux saisons. Puis j’ai fait deux années en Coupe d’Europe. Hélas, j’ai ensuite connu quelques blessures, une ou deux saisons moins bien et j’ai été sortie des groupes France. Depuis je m’entraîne seule où avec des groupes privés. Ma motivation est intacte mais le budget commence à être serré…
C'est-à-dire ?
Payer ses voyages, payer son coach, avoir un préparateur physique et mental, ça coûte cher. On peut évaluer cela à 7 000 euros annuel. A moins d’avoir des parents riches qui puissent vous aider, c’est très difficile à assumer. J’ai la chance d’avoir le soutien de mon club de Praz sur Arly et du Conseil Général de Haute-Savoie. Mais après je dois me débrouiller seule et c’est de plus en plus dur.
 

Et de deux...
On imagine la difficulté de se retrouver livrée à soi-même après avoir connu le cocon de la filière fédérale…
Effectivement , il y a une certaine déception. Je me dis que j’avais le niveau et que je n’ai pas réussi à concrétiser au plan mondial. J’aurais eu besoin de plus de temps. Mais c’est aussi la loi du haut-niveau, il n’y a pas de place pour tout le monde. Il faut en être conscient, même s’il y a parfois un sentiment d’abandon.
C’est aussi pour cela que vous menez vos études en parallèle…
Oui, je suis en licence de biologie à l’Université Joseph Fourier de Grenoble. Je bénéficie du programme « Intervalles ». On travaille deux mois de septembre à novembre et deux autres d’avril à juin. Ca fait une demi-année universitaire en un an. Cela nous permet d’être libérée tout l’hiver et de pouvoir pratiquer notre sport à fond.

Vous êtes en quelque sorte à la croisée des chemins. Comment envisagez-vous l’avenir?
A la fac, je vais poursuivre sur un Master. Je ne sais pas encore dans quelle branche car c’est une voie très générale. Pour ce qui est du ski, c’est beaucoup plus compliqué. Si les choses restent en l’état, je n’aurais pas d’autre choix que de raccrocher. Dans notre discipline, il n’y a pas de juste milieu.

Propos recueillis par Damien Bardot

Loïc Le Quellec, entraîneur du ski alpin tricolore : « Pauline est une fille qui ne lâche rien. Elle est brillante dans ses études, rigoureuse dans son entraînement et dans sa préparation physique. Sur une Universiade comme cela où l’on demande une grande polyvalence, elle a largement sa place. Pour le reste, c’est effectivement la loi du haut-niveau. Pauline a eu carrière honorable, avec trois saisons sur le pôle France et deux dans le groupe France juniors. Après, il ya un numerus clausus. Si le « cut » s’est fait avant, c’est aussi qu’il y a des filles meilleures qu’elle. Le fait de s’entraîner avec une structure privée, parallèle à la Fédération lui a tout de même permis de se maintenir à un super niveau et elle nous le prouve aujourd’hui avec ses deux médailles»

Sara Taberlet, non classée après sa sortie sur la seconde manche


Anne-Sophie Barthet


Anne-Sophie Barthet


Sara Taberlet



 


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