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Jeudi 19


Alban Préaubert : "Un sentiment génial"
 
Porte-drapeau de la délégation tricolore, Alban Préaubert fait figure de favori logique pour la compétition de patinage messieurs, qui débute samedi par le programme court. Entretien avec un garçon bien dans ses patins.

Au lendemain de la cérémonie d'ouverture, que vous reste-t-il de cette soirée?
Un sentiment génial. On s'attendait à un beau spectacle de la part des Chinois, on n'a pas été déçu. Ils aiment faire les choses en grand et l'ont encore prouvé. A titre personnel, ça a été encore plus beau puisque la FFSU m'a fait l'honneur de porter le drapeau. J'ai été très touché, ce fut une grande fierté de représenter la France. J'espère maintenant faire honneur à mon statut pendant la compétition. En tout cas ça restera un souvenir inoubliable.

Y-a-t-il eu un moment marquant, une émotion particulière?
L'entrée pour le défilé avec le drapeau, un truc vraiment fort. Et puis l'image de la flamme qui s'allume. A l'Universiade, il règne un esprit particulier, on le ressent partout. On a la sensation d'être aux Jeux olympiques. Ca fait rêver.

 

Samedi, vous entrerez en lice avec le programme libre. Dans quel état d'esprit êtes-vous  à deux jours de la compétition?
Avant chaque compétition, je me dis surtout que je dois bien patiner. Je sais qu'ici, j'ai un statut de favori : je suis le mieux classé des concurrents et j'ai réalisé le meilleur score mondial cette année. Mon ambition est claire : aller chercher la plus belle des médailles. Mais je sais aussi que le patinage est un sport difficile, qu'il y a des paramètres extérieurs qui peuvent intervenir. Alors je reste avant tout concentré sur ma performance.

Ressentez-vous une pression particulière?
J'ai surtout envie de bien faire. C'est un gros événement, donc forcément il ya un peu de pression. Mais j'essaie de l'évacuer. Patiner relâché, c'est beaucoup plus agréable à la fois pour soi, mais aussi vis à vis des juges et du public. Donc je relativise. Je sais que je suis bien préparé. Les derniers entraînements ont été bons. La pression, j'ai appris à la gérer avec le temps et j'espère que ça ne me fera pas défaut, cette fois-ci encore .

Aujourd'hui, vous êtes à Harbin pour l'Universiade. A une place près*, vous auriez été sélectionné pour Championnats du monde à Los Angeles, le mois prochain. N'éprouvez-pas une pointe de regret?
Aucune, vraiment aucune. L'Universiade est une super compétition et même si j'avais obtenu ma sélection pour les Championnats du Monde, j'aurais demandé à venir ici. J'ai eu la chance de connaître l'Universiade d'Innsbruck en 2005. Je n'étais hélas pas à Turin, en 2007 car ça tombait juste avant les Championnats d'Europe. Alors même si bien-sûr, j'aurais aimé faire les deux, je n'ai eu aucun mal à me remotiver après ma non-sélection car cette Universiade était un objectif majeur de ma saison. Je vais essayer de finir en beauté ici.

 

Si vous deviez définir votre sport, que diriez-vous?
C'est un sport complet, magnifique (rires)... Bon, je ne veux pas être trop élogieux envers ma discipline mais c'est un réel plaisir de la pratiquer comme de la regarder. C'est l'un des sports préférés des Français et ça ne m'étonne pas. On est capables de faire des choses assez incroyables sur la glace. Cà nécessite une large palette. Il faut être à la fois endurant, résistant, explosif, technique et ajouter à cela la partie artistique qui elle, nécessite de l'originalité, de l'innovation dans les chorégraphies... Cet aspect complet fait que l'on se lasse peu. On a toujours quelque chose à travailler ou à améliorer.

Parallèlement au patinage, vous terminez aujourd'hui un Master Grande Ecole à l'Ecole Supérieure de Commerce de Paris...
Tout à fait, je suis rentré à l'ESC en 2006. Je suis actuellement en cinquième et dernière année, mais je vais l'étaler sur deux ans car je n'ai pas forcément besoin de décrocher mon diplôme dans l'immédiat. Je me suis fixé pour objectif d'être présent aux Jeux olympiques de Vancouver en 2010 et je compte bien m'y consacrer...

Concilier ses objectifs sportifs avec de brillantes études, est-ce une lourde tâche?
Ouais, c'est beaucoup d'organisation et peu de temps libre. Mais j'ai la chance d'être passionné par ce que je fais. Ca me permet d'effectuer plus facilement des sacrifices. J'ai un rythme de vie élevé mais j'ai besoin de ce mélange pour me sentir équilibré. Si je n'avais que le sport, je ne serais pas aussi motivé. Je me mettrais sûrement beaucoup plus de pression par rapport à mes performances. Là, je ne prends que le plaisir, pas les contraintes négatives. Je savoure le temps passé sur la glace. Et mes études me permettent d'être vraiment serein pour la suite...

Propos recueillis par Damien BARDOT

* 5e des derniers Europe, mais 3e Français derrière Brian Joubert (1er) et Yannick Ponsero (4e), Alban Préaubert a raté sa qualification d'un cheveu, le réglement n'autorisant que deux patineurs par pays.


A deux jours du début des compétitions, les patineurs tricolores se sont offert un dernier moment de détente : une sortie féérique dans un monde de... glace! Le Festival de Glace d'Harbin est en effet la plus célèbre attraction de la région. Plusieurs dizaines de milliers de visiteurs se pressent chaque hiver pour admirer les monuments de ce parc, entièrement bâtis en blocs de glaces. Un concept unique au monde, qui prend toute sa dimension la nuit lorsque les lumières multicolores illuminent les différents édifices. De l'avis de tous, un instant magique.

 




 






 


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